Chronique d'hiver, Paul Auster (Winter Journal)

lundi 13 mai 2013


Je viens de terminer le très beau roman de Paul Auster, Chronique d'hiver.
Il nous livre une sorte de bilan de sa vie, comme un journal, à la troisième personne du pluriel ce qui, au départ, m'a déstabilisé mais qui donne, au fil des pages, de l'ampleur au récit. 
Paul Auster m'a toujours intrigué, je l'ai découvert lors d'un salon du livre parisien, j'avais assisté, par hasard, à une conférence où il intervenait. Ses mots m'avaient captivé. 
J'adore connaître les détails du quotidien de chacun, regarder, observer, imaginer... Ici, l'auteur nous laisse entrer dans son intimité, celle de son corps (un peu à la façon du Journal d'un corps de Daniel Pennac), qui reflète au final ce qu'il y a de plus personnel chez lui, comme ses sentiments ou ses angoisses les plus profondes. A travers des anecdotes, ll nous parle de lui, de son histoire, de ses doutes, de ses échecs, de ses réussites, du temps qui passe, de sa femme (l'écrivain Siri Hustvedt) qui a changé sa vie. La beauté de leur rencontre et la force de leur relation, autant intellectuelle qu'affective me touchent. 

Paul Auster est un grand écrivain, j'avais hâte de le retrouver chaque soir, je me sentais bien avec ses confidences.   

Siri Hustvedt et Paul Auster


Campagne, Couture, Contemplation, le pouvoir des 3 C...

lundi 6 mai 2013

J’ai passé quelques jours à la campagne, chez mes grands-parents, où j’ai appris les bases de la couture avec ma grand-mère qui m’a enseigné les premières étapes de la création vestimentaire. 
Ces doigts de fée m’ont fascinée… 


J’ai adoré passer ces quelques jours hors du temps, en terrain conquis, avec pour seuls objectifs l’apprentissage et le partage. 

Je suis souvent prise par mes angoisses, sur le temps qui passe et les buts à atteindre pour devenir la personne que j’ai envie d'être, mais pendant ces quelques jours je me suis laissée aller à la contemplation, au présent.
J’ai eu le temps de beaucoup lire et contrairement à mon quotidien, j’étais en parfaite osmose avec le récit comme si l’extérieur n’existait plus…
J’avais le sentiment d’être dans une bulle, comme si le monde autour de moi faisait une pause. Un moment certes éphémère mais très ressourçant.






 Je reviens de cette semaine, les poumons remplis d’air et le cœur battant la chamade, avide de nouvelles découvertes, prête à entrevoir le futur.

L'étranger, Albert Camus.

samedi 27 avril 2013



Je n’avais jamais lu ce grand classique de la langue française… Un ami, m’a fortement conseillé de m’y plonger lorsque je lui fis cette confession.
Tu verras, m’a-t-il dit, tu n’en sortiras pas indemne. Et ne sois pas surprise, a-t-il précisé, la forme illustre le fond.
Il voulait parler de l’écriture à la fois simple, épurée, comme distante du propos.
Le narrateur est, lui aussi, comme détaché de sa vie, de ses actes… Du moins, on le croit. Il est, en réalité, en phase avec le présent, il vit le moment, sans calcul ni bavardage, il avance tout simplement un pied devant l’autre, comme en méditation permanente, libre.
Il va être jugé par ses pairs au sens propre comme au figuré, il va être désigné comme un coupable mais d’une certaine manière il sera la victime du carcan sociétal.
J’ai été particulièrement happée par le force de vérité de ses pensées, attendant la mort dans sa cellule en regardant le ciel. « Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. »

Un livre court mais fort de sens, à lire et à relire.  




If you leave, Daughter.

jeudi 25 avril 2013




C’est le printemps, ça bourgeonne, papillonne, zébulonne. Le soleil montre le bout de ses rayons, et l’espoir renaît de jours meilleurs, plus poétiques, chantants et féériques.

C’est un peu ce que je ressens quand j’écoute le bel album de Daughter, If you leave, entre deux eaux, il m’emmène dans une contrée sauvage, imaginaire, qui me laisse rêveuse…
Je n’arrive pas à vraiment dissocier les chansons les unes des autres, tant elles appartiennent à un ensemble, un tout, à un moment, une pause enchanteresse. Je ferme les yeux, je sens le soleil sur la peau de mon visage, je respire le parfum des cerisiers en fleurs et je me laisse emporter dans le merveilleux univers de Daughter.

Cette voix si  douce vous touche en plein cœur par sa beauté délicate…

Je suis totalement conquise, un album en harmonie avec le moment, mon moment très certainement.

J’espère que vous laisserez, vous aussi, cet air printanier passer votre porte…



Album que je n'aurais bien sûr pas découvert sans l'étonnant sixième sens musical de ma soeur, Julie.

Royal Affair, Nikolaj Arcel

samedi 13 avril 2013



En ce moment je ne vous parle que de films, je sais, mais je me dois de partager avec vous les perles que je découvre en chemin... Je les trouve si sublimes que ce serait dommage de les garder pour moi.

Avez-vous vu le majestueux « Royal Affair » de Nikolaj Arcel …. ?
Je l’ai découvert cette semaine.
Quel beau film d’époque et quelle belle histoire, « vraie ».
L’action se passe au XVIIIème siècle, au Danemark, on nous relate la  passion secrète entre la reine et le médecin du roi. Une passion amoureuse mais aussi intellectuelle.
Une histoire qui ébranlera le royaume. Une histoire qui m'a faite vibrer du début à la fin.  
Je n’en dévoilerai pas plus, je défendrai plutôt la perfection du film à tous les niveaux, dialogues, mise en scène, décors, acteurs (la beauté et le talent d'Alicia Vikander sont à couper le souffle, une actrice en devenir, c'est certain)…


Un joyau historique mais aussi cinématographique. 


Free Angela, Shola Lynch.

dimanche 7 avril 2013


Aujourd’hui j’ai accompagné ma mère, non sans plaisir, au cinéma. Elle souhaitait voir le documentaire sur Angela Davis, « Free Angela », l’histoire d’une  icône de sa jeunesse. Je ne connaissais rien d’elle avant aujourd’hui ou peut être quelques symboles ici ou là. 
Mais quelle aurait été ma perte, si je n’avais pas pris le temps de partager cette toile...

Philosophe, communiste, militante, féministe, brillante, forte, courageuse, belle, Angela était tout ça à la fois. Autant vous dire, qu'elle m'a éblouie. 
Elle fut un symbole pour sa génération de lutte contre toute forme d'oppression. 

On suit la première partie de son parcours (celle qui l'a propulsée au statut d'emblème), à travers son témoignage, celui de ses proches, et des personnes qui ont marqué sa vie. J'ai aimé ressentir l'amour, la bienveillance, le respect de ces gens encore émus de relater des faits datant de plus de trente ans.

Un moment d'histoire à revivre, je vous le conseille, pour la beauté d'une cause et la force des engagements. 

Angela, je t'admire.



A Single Man, de Tom Ford.

lundi 1 avril 2013



Ce film est pour moi une merveille esthétique.
Il est si beau, chaque plan, mouvement de caméra, note de musique, reflètent le raffinement et la mélancolie.
C’est l’histoire de la perte brutale d’un amour, son souvenir et le questionnement sur la possibilité d’un futur…
Les années 60, Los Angeles, professeur d’université, Georges, (Colin Firth magnifique de justesse) lutte pour survivre, huit mois après la mort de son amant, compagnon de vie, âme sœur…
Nous le suivons pendant une journée. Elle sera riche de rencontres, de révélations, George sera réellement à un tournant de sa vie, et il fera un choix.
Ce film est une déclaration d’amour au corps masculin, filmé avec finesse et élégance.
Je ne me lasse pas de le regarder, de l’appréhender, tout est si soigné, un véritable exercice artistique et stylistique.

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